16.05.2012

Lower Dens "Nootropics" (Ribbon Music / Domino)

lower dens,nootropics,baltimore,jana hunter,twin hand movement,dream popLorsque est arrivé "Brains" - premier single extrait de "Nootropics" - je ne connaissais rien de Lower Dens. Ignorant même l'existence d'un premier album, "Twin hand movement" sorti en 2010. Il faut dire que la formation de Baltimore cultive l'art de la discrétion quitte à rester un brin confidentielle. Sans wikipedia à leur nom mais avec un compte Facebook, Lower Dens s'est formé sous l'impulsion de Jana Hunter (chant, guitare, ex-Gnomonsong). Elle s'est entourée de quatre garçons : William Adams (guitare), Geoffrey Graham (basse), Nate Nelson (batterie) et Carter Tanton (clavier). Un "ensemble particulier", souligne Jana Hunter dont la voix androgyne envoûte chacun des morceaux de ce "Nootropics", qualifié de "travail ambitieux". Et dont "Alphabet song" donne les clés.

Revenons à "Brains". Le morceau s'ouvre sur une batterie qui devient vite entêtante et nous plonge dans l'univers noir de Jana Hunter. Un morceau qui se prolonge dans "Stem", vrai instrumental qui n'est finalement que la conclusion du morceau précédent. Un diptyque en forme de pièce maîtresse.

Proche de la pop ouatée chère au trio new-yorkais de Blonde Redhead (lire la chronique de "Penny Sparkle"),  le son de Lower Dens est fait d'explorations sonores (les deux parties de "Lion in Winter"), de nappes synthétiques ("Nova Anthem"), d'échos ("Lamb") et d'envolées épiques. C'est d'ailleurs avec "In the end is the beginning" qui s'étire sur plus de 12 minutes que s'achève "Nootropics". Une fin planante qui n'atteint toutefois pas les sommets.

Stéphane Guihéneuf, mai 2012.

15.05.2012

Tri Yann "Le concert des 40 ans" (Marzelle / Coop Breizh)

Tri Yann, Le concert des 40 ans, bretagne, Le Télégramme, Frédéric JambonLes inconditionnels de Tri Yann aiment le groupe pour au moins deux raisons : sa musique d'inspiration traditionnelle, nourrie de baroque et de rock, leur transmet moult émotions, envies de danser et de chanter en choeur ; les concerts des trois Nantais devenus huit en 40 ans d'existence sont toujours de grands spectacles conviviaux, parsemés d'histoires et saupoudrés de folie.

Tout le mérite du double CD-DVD, "Le concert des 40 ans", est d'illustrer ces deux aspects. Le répertoire navigue des derniers albums ("Rummadoù", "Abysses", "Marines"...) aux classiques fondateurs ("La jument de Michao", "Dans les prisons de Nantes"...). Arborant leurs délirants costumes, les Trois Jean captent le public du dernier Festival Interceltique de Lorient dans le décor insolite du slip-way du port de pêche. Le bagad de Briec les rejoint sur scène. Autre invitée, imprévue celle-là : une pluie constante et drue.

Dans le bonus du DVD consacré à la vie de groupe, l'un des membres-fondateurs, Jean-Paul Corbineau, affirme qu'il n'irait jamais voir Tri Yann jouer sous des trombes d'eau. Le public du FIL lui donne tort. Les éléments n'ont pas douché son enthousiasme tout au long des deux heures.

Frédéric Jambon, mai 2012.
Chronique publiée dans Le Télégramme le 3 mai 2012.

11.05.2012

The Dandy Warhols "This Machine" (Naïve)

The Dandy Warhols, This Machine, rock, punk, grunge, Portland, USAC'est à l'Odditorium, dans leur propre studio, que les Dandy Warhols ont enregistré "This Machine", album qualifié de "plus grunge jamais livré par le groupe" par Courtney Taylor-Taylor himself. Après 18 ans d'existence, la formation originaire de Portland (mère patrie de The Shins ou de Pink Martini) y alterne rock ("Sad Vacation"), touches électro dans le très bon "Alternative Power to the people" et atmosphères sombres.

Riffs et choeurs en écho, "The Autumn carnival" morceau co-signé par Courtney Taylor-Taylor et David J, bassiste des Anglais de Love and Rockets est d'une efficacité redoutable. Porté par un accordéon "Well They’re Gone" qui suit, et premier single de l'album, est tout aussi envoutant. Oublié le pitoyable "Odditorium or Warlords of Mars" (2005), la formation américaine montre qu'elle n'a rien perdu de son savoir-faire.

De "Enjoy yourself" à "I Am Free" au petit côté radio friendly en passant par la mélancolie de "Rest Your Head" ou la pop symphonique de "Slide", elle séduit même. Après 18 ans, The Dandy Warhols est toujours vivant. Et c'est une bonne nouvelle.

Stéphane Guihéneuf, mai 2012.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 3 mai 2012.

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10.05.2012

Lightships "Electric Cables" (Geographic / Domino)

lightships,electric cables,folk,pop,gerard love,teenage fanclub,glasgowDerrière Lightships se cache Gerard Love. Bassiste et chanteur des Ecossais de Teenage Fanclub, formation née à l'orée des années 1990 du côté de Glasgow et devenue au fil des années un groupe emblématique de la scène britannique. Loin de l'univers rock du groupe, Gerard Love nous embarque dans son univers folk-pop faussement naïf.

Un disque pour lequel Gerard Love a su s'entourer. Brendan O’Hare, ancien batteur de Teenage Fanclub, Bobby Kildea, bassiste de Belle And Sebastian ou Tom Crossley des Ecossais de The Pastels figurent au générique de cet album bien moins électrique que ne le suggère son titre. Même si sur "Silver and Gold", on retrouve la touche écossaise.

Entre ballade ("The warmth of the sun"), rêverie ("Every Blossom") et sucrerie pop ("Muddy Rivers") cet "Electric Cables" invite à flâner, à prendre son temps. Une respiration que l'on accepte bien volontiers.

Stéphane Guihéneuf, mai 2012.


-clip de "Sweetness In Her Spark" à voir ici.

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09.05.2012

Patrick Watson "Adventures In Your Own Backyard" (Domino)

Patrick Watson, Adventures In Your Own Backyard,  Montréal, Into Giants, folk, pop symphonique, Lighthouse, canadaPour leur quatrième album, "Adventures In Your Own Backyard", les Watson (le nom du chanteur Patrick Watson est aussi celui de ce quatuor canadien) nous embarquent dans leur arrière-cour (l'album a été enregistré à Montréal dans leur local de répétition) et ravira les amateurs de folk poétique et de pop symphonique.

Porté par "Into Giants" et ses cuivres majestueux, ce nouvel effort nous projette à force de piano lyrique, guitares, cuivres, cordes et voix dans un univers romantique.

Dans "Lighthouse" l'assemblage piano et envolée cuivrée arrachera aux plus insensibles quelques frisons. Ballade ("Blackwind"), ambiance western ("Adventures In Your Own Backyard"), échos pop ("Quiet Crowd") voire jazzy ("Step out for a while") nourrissent un disque de chansons qui se veulent légères et raffinées.

Entrecoupés par deux instrumentaux ("The things you do", "Swimming Pools"), les morceaux racontent la vie, l'intime, l'amitié avec juste ce qu'il faut d'envoutement dans les mélodies pour qu'on ne puisse plus s'en détacher.

Stéphane Guihéneuf, mai 2011.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 26 avril 2012.