09.11.2009
Bande-son de la chute du Mur de Berlin
Le 9 novembre 1989 le Mur de Berlin tombe. Mur de la honte, du bloc de l'Ouest contre le bloc de l'Est, le rideau de fer édifié en 1961 a été attaqué à la pioche, au marteau... par les Berlinois. Les démolisseurs sont encouragés par Rostropovitch, violoncelliste en exil. Alors qu'est commémoré le vingtième anniversaire de la chute du Mur, Au commencement était le rock revient en musique sur ces années, de 1961 à 1989, avec quelques artistes allemands comme Can ou Nina Hagen.
10:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin, allemagne, rostropovitch, 1961, 1989, nina hagen, can
19.10.2009
Les copains ont 50 ans
C’était il y a 50 ans. Le 19 octobre 1959. Sur les ondes d’Europe nº1 naît, sous l’impulsion de Lucien Morisse, alors directeur de la station, l’émission musicale "Salut les Copains".
L’idée de l’émission avait germé un peu plus tôt dans la tête de deux passionnés de jazz et de rock, Frank Ténot et Daniel Filipacchi. Diffusée entre 17 h et 19 h, du lundi au vendredi, "Salut les Copains" va vite conquérir un large public et s’imposer sur les ondes comme l’émission de référence en diffusant des chansons mais aussi des interviews d’artistes. Le tout dans un ton différent, bien loin de celui adopté depuis l’élection de De Gaulle. Le "salut" qui ouvre juste après l’indicatif ("Rat Race", de Count Basie) en est l’expression quasi révolutionnaire.
Lorsqu’en 1961 Johnny Hallyday sort "Salut les Copains" (sur lequel on trouve "Retiens la nuit"), la référence est évidente. D’autant qu’il a été, avec Richard Anthony, Eddy Mitchell, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy mais aussi les Beatles ou les Rolling Stones, le "chouchou de la semaine".
En 1962, l’émission trouve un prolongement en kiosque. "Salut les Copains", vite rebaptisé "SLC", va vite devenir la revue des jeunes. Une revue qui compte dans ses rangs le photographe Jean-Marie Périer, qui, en 1966 immortalisera ces années yé-yé en réunissant sur une même photographie tous ces artistes. Trois ans plus tôt, en juin 1963, ces mêmes artistes s’étaient retrouvés place de la Nation pour la "Nuit Salut les Copains". Pour une grande messe musicale avec quelque 200.000 jeunes. L’aventure radiophonique durera dix ans (jusqu’à l’été 1968) mais chante encore à nos oreilles.
Stéphane Guihéneuf, octobre 2009.
À lire
Christophe Quillien, "Nos années Salut les Copains : 1959-1976", Flammarion.
Christian Gauffre, "SLC, salut les copains", Éditions Du Layeur.
Écouter
Compilation "Salut les copains", coffret 4-CD
08:31 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salut les copains, yé-yé, radio, europe 1, 1959, slc, ténot, filipacchi, périer, mitchell
15.08.2009
Woodstock : l'affiche de 1969
En 1969, du 15 au 18 août, le festival de Woodstock va proposer une affiche musicale de rêve. Une affiche que voici.
15 août. Richie Havens / Country Joe McDonald / Bert Sommer / Tim Hardin / Ravi Shankar / Melanie / Arlo Guhtrie/ Joan Baez
16 août. Quill / Sweetwater / John B. Sebastian / Keef Hartley / Santana / Incredible String Band / Canned Heat / Grateful Dead / Creedence Clearwater Revival / Janis Joplin / Sly & the Family Stone / The Who / Jefferson Airplane
17 août. Joe Cocker / Country Joe & Fish / Leslie West / Moutain / Ten Years After / The Band / Johnny Winter / Blood Sweat & Tears / Crosby, Stills, Nash & Young
18 août. Paul Butterfield Blues Band / Sha-Na-Na / Jimi Hendrix
10:30 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : woodstock, festival, folk, rock, soul, blues, havens, baez, santana, joplin, who, cocker, ten years after
14.08.2009
Les 40 ans du festival de Woodstock
Le Festival de Woodstock fête ses 40 ans. En 1969, du 15 au 18 août, quelque 500.000 jeunes vont faire vivre à l'Etat de New York l'une des plus belles pagailles de son histoire. Flash-back.
En cette année 1969, les Américains ont les yeux tournés vers le Vietnam et la guerre dans laquelle le pays s'embourbe. Ils ont également la tête dans les étoiles. Dans la course à l'espace que l'Amérique mène contre l'Union soviétique, Neil Armstrong en foulant le sol lunaire vient redonner un peu de brillant aux étoiles du drapeau américain. Sommet de la contre-culture, Woodstock va s'inscrire dans ces événements historiques et devenir lui-même un festival d’anthologie. Quarante ans après, ce festival aux "trois jours de paix et de musique", est toujours très présent dans l’imaginaire collectif.
Initialement prévu à Woodstock, c'est finalement à Bethel que le festival se tient. Alors que 50.000 personnes sont espérées, la déferlante humaine va conduire l'organisation à le rendre gratuit et à faire appel à l'armée pour approvisionner le public en eau et en nourriture. Du côté des artistes, si les Doors ont décliné l'invitation, Jimi Hendrix, Joan Baez, Crosby, Still & Nash, les Who ou Joe Cocker sont présents.
Seul avec sa guitare, le chanteur de folk noir Richie Havens est le premier à monter sur la scène avant d'être rejoint un peu plus tard par son bassiste. Country Joe McDonald enchaîne quelques titres avant de terminer avec "I Feel Like I'm Fixing To Die Rag" alors que Joan Baez ouvre son set avec "Joe Hill". Le lendemain, le plateau propose notamment Santana, Janis Joplin, The Who et Jefferson Airplane dont la prestation va faire la transition avec l'affiche dominicale, copieuse elle aussi.
C'est avec Joe Cocker et sa version de "With a Little help from my friends" que Woodstock s'éveille avant que les Ten Years After livre un "I'm Goin' Home" d'anthologie. Ce sont Crosby, Stills, Nash & Young qui mettent un terme à cette troisième soirée. Le lendemain, Jimi Hendrix va électriser les festivaliers qui sont restés jusqu'au bout. Ils ne vont pas le regretter à l'écoute de "The Star Spangled Banner".
Ces quatre jours ont fait entrer Woodstock dans l'histoire.
Stéphane Guihéneuf, août 2009.
10:37 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : woodstock, festival, folk, rock, soul, blues, havens, baez, santana, joplin, 1969
18.06.2009
Le clavecin c’est rock
Le clavecin n’a pas la notoriété du piano. Pourtant, sa sonorité spécifique a inspiré des artistes de tout poil, des Kinks aux Rolling Stones. Sans oublier les Beatles. Sur "In my life", John Lennon intègre d’ailleurs un solo de clavecin. Enfin pas vraiment.
Si la chanson est enregistrée le 18 octobre 1965 aux studios d’Abbey Road, la partie instrumentale ne l’est que quatre jours plus tard. Le solo de piano, joué par George Martin, est enregistré à basse vitesse avant que la bande ne soit réintégrée à l’ensemble, en accélérée, donnant au solo de Martin une sonorité proche de celle du clavecin. Mais c’est du piano.
En 1966, "Aftermath" des Rolling Stones propose lui aussi du clavecin, sur "Lady Jane" ou "Take it or leave it".
En 1966, toujours, les Kinks livrent "Face to Face", album sur lequel les morceaux fourmillent de trouvailles comme cette sonnerie de téléphone sur "Parti Line" ou le bruit des vagues dans "Holiday in Waikiki". On y entend également sur "Session man", un clavecin endiablé (en ouverture, mais pas seulement). Un clavecin présent sur le titre qui précède ("Too Much on My Mind") ou encore sur "Rosie Won’t You Please Come Home".
Au clavecin, on trouve le célèbre pianiste de rock Nicky Hopkins (auquel Ray Davies et les siens rendent d’ailleurs hommage dans "Session Man"). Le clavecin est également présent sur l’album "Something else by the Kinks" de 1967 ou dans l’opéra rock "Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire)" sorti deux ans plus tard.
Avant de faire ses débuts dans le rock, le clavecin débute dans le jazz dans les années 1950. En 1951 il fait sa première apparition dans "Come On-A My House" de Rosemary Clooney. Un morceau écrit en 1939 par Ross Bagdasarian et William Saroyan. La reprise de Rosemary Clooney, enregistrée avec Stan Freeman au clavecin, devient un tube. En 1965, "What’s New Pussycat?" comprend elle aussi du clavecin. Composée par Burt Bacharach, interprétée par Tom Jones, elle est extraite de la comédie réalisée par Clive Donner.
Stéphane Guihéneuf, juin 2009. Photo SG et DR.
08:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clavecin, rock, pop, beatles, kinks, rolling stones, clooney, jones, 1951, 1966
19.05.2009
The Smiths "Hand in Glove"
Sorti en mai 1983 "Hand in Glove" est le premier succès des Smiths. Ce premier single qui sera suivi en novembre de la même année de "This Charming Man" marque l'éclosion d'un quatuor atypique. C'est en octobre 1982 que naît la formation britannique à la tête de laquelle figure Morrissey. L'âme d'un groupe qui, en à peine deux ans, sera élu meilleur groupe de l’année (1984).
En 1986, sort "The Queen Is Dead", avec Alain Delon sur la pochette. Le chef-d'oeuvre du quatuor est certainement l'un des meilleurs disques de rock de la décennie. Mais des tensions entre Johnny Marr et Morrissey conduisent ce dernier à dissoudre le groupe en 1987 (juste avant la sortie de "Strangeways, Here We Come").
Stéphane Guihéneuf, mai 2009.
09:36 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the smiths, hand in glove, morrissey, johnny marr, the queen is dead, this charming man
11.05.2009
Good Morning England : l'histoire d'une radio pirate
Dans les années 60, les radios pirates vont connaître un rapide essor. S’opposant au monopole d’État sur la radiodiffusion, elles émettent généralement depuis les eaux internationales, mer du Nord notamment et vont constituer une autre voie radiophonique pour de nombreux jeunes, des Pays-Bas, au Danemark en passant par France et le Royaume Uni. Radio Caroline ou Radio London sont deux radios emblématiques de cette période. Répondant à une attente de la jeunesse, elles vont notamment permettre, dans une société conservatrice, l’essor du rock.
Cette histoire, c’est celle que Richard Curtis raconte dans "Good Morning England" ("The Boat That Rocked") sur les écrans depuis le 6 mai (voir bande annonce ci-dessous). Celle d’une époque dorée où le rock se joue moins sur les antennes officielles qu’en haute mer. C’est l’histoire de Carl, renvoyé du lycée qui découvre auprès de son parrain Quentin, patron de Radio Rock, la vie d’une radio pirate. Dans le bateau qui émet depuis la mer du Nord, il fait la rencontre d’un "équipage éclectique de DJ’s rock and roll". Drogue, sexe et rock’n’roll sont au programme de cette comédie servie par une incroyable bande-son, des Rolling Stones aux Who en passant par Ottis Redding, les Supremes, David Bowie ou Leonard Cohen, les Kinks, Cat Stevens ou Jimi Hendrix.
Stéphane Guihéneuf, mai 2009.
En savoir plus : Good Morning England
09:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : radio pirate, rock, good morning england, the boat that rocked, richard curtis, cinéma
21.04.2009
Pochettes et nudité
Octobre 1968, Jimi Hendrix sort "Electric Ladyland". Deux mois plus tard, John Lennon et Yoko Ono livrent l'expérimental "Unfinished Music N°1 : Two Virgins". Au-delà de la musique, c'est par leur pochette que ces deux albums vont (d'abord) faire parler d'eux. Au grand dam du premier qui avait pourtant précisé ses attentes à sa maison de disque. Mais celle-ci préfère montrer un groupe de femmes nues, certaines tiennent dans leurs mains des disques de Jimi Hendrix. Une pochette que l'Amérique puritaine fait interdire, lui préférant le visage stylisé du chanteur. Mais c'est bien la pochette originale que l'Europe voit déferler.
Quant à la pochette de "Unfinished Music N°1 : Two Virgins", elle montre recto et verso John Lennon et Yoko Ono dans la tenue d'Adam et Eve. Inconcevable pour les maisons de disque qui refusent de distribuer l'album. Celui-ci fut cependant diffusé avec papier kraft pour cacher la nudité du couple ou autocollant vert en guise de cache-sexe. En 1976, c'est d'Allemagne que le scandale arrive. Il est signé Scorpions. Il faut dire que "Virgin Killer", quatrième album du groupe, montre une jeune fille entièrement nue. Son sexe est toutefois caché par un impact sur une vitre. La pochette est immédiatement censurée, sauf en France. Où artistes et groupes ont eux aussi montré leur anatomie.
Avec astuce parfois, comme en avril 1979, lors de la sortie de "Crache ton venin", deuxième album de Téléphone.Joyeusement irrévérencieuse, la pochette plastique sur laquelle sont imprimés les vêtements laisse apparaître, une fois le bandeau déchiré, les Téléphone dans le plus simple appareil. "L’Histoire de Melody Nelson", de Serge Gainsbourg, a montré la voie. En 1971, la pochette donne à voir une Jane Birkin sur fond bleu et à demi-nu pressant contre elle une poupée. De la poitrine de Catherine Lara ("Géronimo") à Lara Fabian en passant par Mara Tremblay, Pauline Croze ou Vitaa les chanteuses n'hésitent pas à se dévêtir.


1984, Roger Waters livre son premier album solo. "The Pros and Cons of Hitch Hiking" raconte les rêves d'un homme durant une nuit. La pochette montre, de dos, une femme nue portant un sac à dos et faisant de l'auto-stop. Quatre ans plus tard, "The Abbey Road", E.P des Red Hot Chili Peppers fait lui aussi sensation. Parce que la pochette reprend l'imagerie devenue classique des Beatles traversant un passage pour piéton. Parce que, surtout, cette pochette montre les quatre membres du groupe nus. Leur sexe est néanmoins caché par une chaussette.
En 1988 toujours, "Lovesexy" montre lui aussi le génie de Minneapolis nu. La photo, signée Jean-Baptiste Mondino, va une nouvelle fois choquer les puritains. Prince passe outre. En 2001, les Américains de The Strokes créent la polémique dès leur premier album. "Is this it" propose en guise de pochette une main gantée de cuir posée sur un postérieur féminin. La pochette est jugée obscène.
Plus proche de nous, c'est Morrissey, l'ancien leader des Smiths qui se met à nu sur la pochette de son dernier single : "I am throwing my arms around Paris". On y voit le chanteur et les membres de son groupe dans leur plus simple appareil, avec en guise de cache-sexe, un disque vinyle.
Cacher son sexe, l'artifice a été utilisé en 1973 par Carlos. Sur la pochette de "Tout nu, tout bronzé", il arbore un magnifique chapeau blanc.
Stéphane Guihéneuf, avril 2009.
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27.03.2009
Les Spotnicks au septième ciel
Dans la pile de vieux 45-tours, l'EP de The Spotnicks fait un peu figure d'OVNI. En pleine période Yé-Yé, la formation suédoise reconnaissable à son look très futuriste est l'un des premiers groupes expérimentaux.
Les Français les découvrent lors de leur passage à l'Olympia, le 28 novembre 1962. "La polularité (...) s'est jouée en un temps record, celui qu'il faut pour que les vagues du rideau rouge de l'Olympia les découvrent au public", peut-on lire dans le magazine Salut Les Copains de mai 1963. Qui va même tenter de "démonter le mystère". Deux mois plus tard, c'est au tour de Bonjour les Amis de proposer une "leçon de guitare avec les Spotnicks".
C'est à Göteborg, en 1957, année du lancement par l'URSS de son premier satellite Sputnik 1, que le groupe voit le jour. Bo Winberg, Bob Lander, Björn Thelin et Öve Johanson, qui sera remplacé plus tard, vont, à l'image de The Shadows, s'imposer comme l'un des groupes instrumentaux les plus célèbres de leur époque. Même si "leurs enregistrement comme leur image sont marqués par leur époque, il reste un son inimitable, lumineux comme un Spotnick", écrivent Christian Victor et Julien Regoli dans "Vingt ans de rock en France" (1978, Albin Michel).
Ce son, c'est avant tout celui de Bo Winberg, guitariste (une Fender Stratocaster) et ingénieur en électronique. Une musique qui, poursuit Salut Les Copains "manque souvent de la souplesse, du swing, de l'esprit inventif dont peuvent s'enorgueillir à juste titre de rares Anglais (les Shadows par exemple)", et qui, en raison de sa complexité ne peut être jouée qu'en play-back sur scène. A noter que le batteur Öve Johanson sera remplacé en 1963 par Derek Skinner, puis dès 1965 par Jimmy Nicol, connu pour avoir été, en juin 1964, un membre temporaire des Beatles.
Stéphane Guihéneuf, mars 2009.
08:54 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the spotnicks, the beatles, amapola, musique instrumentale
09.02.2009
Discorama, un album, une émission
Discorama. Derrière ce titre se cache l'album (le premier) de Bertrand Soulier. "Un album de chansons. Bien écrites. Bien composées. Bien chantées et bien produites par un garçon à la fois désespéré, brillant, sensible, imprévisible et parfois même...insupportable", écrit Eric Jean-Jean (animateur radio sur RTL).
Un album dont j'ai apprécié "les mélodies (qui) ne sont pas sans évoquer celles d'un Bénabar ("Les amis de tes amis") et dont les textes, à l'instar de ceux d'un Vincent Delerm, regorgent de références ("Pavillons sous Bois"1). Ce sont celles d'une génération baignée par Serge Gainsbourg et les Doors ("Morrison Hotel"). Chantant la vie et la mort ("Post-it"), parfois désespéré ("La vie de con"), Bertrand Soulier marche sur la corde sensible" (extrait de la chronique publiée dans Le Télégramme du 26 mars 2008).
1. Philippe Dallier, sénateur-maire UMP de Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) s'était insurgé, en novembre dernier, contre les paroles de cette chanson considérant notamment qu'elle porte atteinte à l'image de sa commune. Bertrand Soulier, dans Le Post (17 novembre 2008), se disait "absourdi" par une telle polémique. "On n'a pas fiché Nougaro parce qu'il a dit que "toutes mamies aiment la castagne", le maire de Paris n'a pas interdit la chanson "J'aime plus Paris" de Thomas Dutronc. Je trouve hallucinant qu'on me reproche de ne pas aimer ma ville d'enfance".
Discorama. Derrière ce titre se cache surtout un rendez-vous dominical dans laquelle les chanteurs (mais pas seulement) se livrent à Denise Glaser. Lancé en février 1959 sur l'air de "J'ai du bon tabac", Discorama va défricher, pendant 15 années, l'actualité musicale que symbolise dès le générique un 33-tours posé sur un tourne-disque. Le décor est minimaliste et la conduite de l'interview, où le soupir et les silences en disent parfois plus long, invite à la confession.
De Barbara à Jacques Higelin, de Piaf à Léo Ferré, les chanteurs français y ont trouvé une écoute. Découvreuse de talents, elle accompagne la chanson française. Elle offre sa première télé à Serge Gainsbourg et nombreux, comme Le Forestier, Charlebois, vont y trouver un tremplin à leur carrière. L'émission s'arrête le 5 janvier 1975. Pour la productrice et présentatrice, c'est alors la déchéance. Renvoyée de la télévision, Denise Glaser meurt seule en 1983. Barbara qui fit sa première émission avec elle le 4 février 1959 sera la seule (avec Catherine Lara) à lui rendre un dernier hommage.
Stéphane Guihéneuf, février 2009.
10:52 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : discorama, histoire, 1959, bertrand soulier, denise glaser








