21.11.2009

Dick Annegarn : Frérebeau, Hadopi, Brel, voyages et projets

Dick-portrait-Ian-Welters.jpgDeuxième partie de l'interview de Dick Annegarn à l'occasion de son concert, ce soir, au Coat-Kaër à Quimperlé.

Vincent Frérebeau
(...) C’est un subventionneur d’artistes qui ne vont pas bien. C’est un militant Hadopi un peu en difficulté. C’est un des seuls labels (Tôt ou Tard) indépendants mais en lutte permanente. Il est difficulté et moi aussi. Les maisons de disque ont raté le virage numérique. (...). Elles ont raté le virage et on trinque tous. Nous sommes en difficultés, Myspace c’est un cimetière d’éléphants. (...).

Brel
C’est un bluesman flamand. (...). Une plume, qui fait de la littérature orale. Je suis tout à fait raccord avec ce côté oral.

Voyages
C’est ma vie. (...). Je me nourris de voyage sinon j’aurai été Yves Duteil. (...). Dans les années 70 j’ai trouvé bête de rester à Paris, j’ai entrepris un voyage social et géographique.

Projets
Je viens d’écrire deux textes pour Calogero, un pour Raphaël. (...). J’ai également joué avec Depardieu dans "Mammuth", film dont j’ai écrit la musique. Un livre va sortir : que mes textes soient publiés ailleurs que sur mon site, c’est nouveau, c’est une reconnaissance. (...).

Spectacle
Je revisite d’anciens titres mais avec une formule blues, rhythm and blues madrigal. (...).

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009.
Deuxième partie extraite de l'interview publiée dans Le Télégramme du 6 novembre 2009.
Photo Ian Welters.

Dick Annegarn : Mireille, Bruxelles, guitares et blues

dick9-serge-rossi.jpgDick Annegarn est, ce soir, sur la scène du Coat-Kaër à Quimperlé. A l'occasion de sa venue en Bretagne, l'artiste est revenue sur sa carrière dans une interview publiée le 6 novembre dans Le Télégramme. Une interview dont voici quelques extraits.

Mireille
C’est une petite dame qui a chanté et fait chanter au niveau du petit conservatoire. Elle voulait que je chante en français. C’était ma Pygmalion, ma coacheuse. Je faisais office de grand Flandrin Flamand. (...).

Bruxelles
Je suis citoyens d’honneur parce que j’ai écrit une "Bruxelles" un peu décalée. (...).

Guitares
(...). Ma guitare est d’inspiration blues, elle n’est pas grattée, elle est jouée avec les doigts, les neufs, le petit ne fait rien, tous les doigts bougent. La guitare c’est l’orchestre du pauvre. (...). Mes 200 chansons sont écrites à partir de la guitare. Je chante à ma guitare et ma guitare me répond.

Le blues
Mon dernier disque "Soleil du soir" est un disque de guitares et de blues blanc. (...) Je ne joue pas le blues de Paul Personne mais la Blue Note. Je ne joue pas un blues américain mais un blues teinté de world.

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009.
Première partie de l'interview publiée dans Le Télégramme du 6 novembre 2009.
Photo Serge Rossi.

27.10.2009

Padam en concert à Rosporden

PADAM.jpgPadam sera sur la scène de l’Étincelle, à Rosporden, samedi 31 octobre. Nader Mekdachi, auteur-compositeur guitariste et chanteur du groupe, nous en dit en peut plus sur cette formation dont le répertoire s'il s'inscrit dans la veine chanson française ne s'y cantonne surtout pas.

Outre Nader, Padam c'est aussi Rico à la contrebasse, Adam à l'accordéon et Jean-Yves à la batterie. Le groupe viendra défendre son dernier album, "Vieux, moches et jaloux".

Si vouz aimez des groupes comme Karpatt, Les Têtes Raides, HDL ou encore Les Ogres de Barback, alors n'hésitez pas. Padam, c'est tout aussi bon.


Votre nom Padam, c’est une référence à Piaf, est-ce aussi une matière de dire que vous avez la même couleur musicale ?

"Padam... padam...", c’est effectivement la chanson de Piaf, c’est surtout le bruit de son cœur qui bat. Une manière de dire que notre musique fait battre les cœurs. Quant à notre couleur musicale, on fait de la chanson française.

Il y a un fond de chanson réaliste dans vos chansons, mais vos musiques s’imprègnent de sonorités orientales, jazzy.

On veut relier les deux. Notre culture est celle de la chanson française mais "réaliste" je n’ai jamais bien compris ce que l’on met derrière.

Dans vos textes vous mettez en scène des losers, des histoires drôles.

Il y a pas mal d’humour et c’est vrai qu’il y a des losers. Ils sont là. On ne peut pas le nier. J’aime trouver de la lumière dans des personnages qui ont la "lose".

Vous fonctionnez comment : vous écrivez des textes sur lesquelles le groupe met sa musique ?

J’écris pas mal de musique. Je chantonne des airs dans un coin, dans ma tête. Et puis y’a un truc qui va m’arriver, cela me donne envie de rigoler, la musique va se coller sur le texte. C’est un état d’esprit. Après tout se met en place avec les musiciens.

Les musiciens justement parlons-en, c’est évolutif et cosmopolite.

C’est vrai qu’elle a évolué pas mal. Au départ c’était des gens du quartier, des gens qui venait de partout dans le monde. Le contrebassiste est Anglais, l’accordéoniste est Polonais et le batteur est Picard. On s’est rencontré au fur et à mesure.

Padam a fêté ses dix ans avec "Bonheur Bordel", votre quatrième album sorti en 2008. Pourtant le groupe n’est pas grand public.

Depuis dix ans on a fait beaucoup de chose, de voyage notamment, au Kazakhstan, au Canada, en Russie... On fait des disques, on est indépendant, on a tous des projets à côté. On fait ça parce que ça nous plaît. On n’est pas dans un créneau major. Tant qu’il existe des petites radios, des indépendants ou des scènes pour se faire connaître...

Justement, Padam sur scène, c’est quoi ?

Padam sur scène... c’est tout d’abord un contrebassiste fêlé qui joue avec ses dents. Ils vont voir des musiciens qui s’amusent. Ils vont voyager dans différentes régions du monde, avec des instruments de partout. C’est beaucoup d’énergie, c’est un groupe qui donne envie de bouger.


Propos recueillis par Stéphane Guihéneuf, octobre 2009.
Interiew publié dans Le Télégramme du 20 octobre.

Pratique
Samedi 31 octobre à 20h30, à l’Etincelle de Rosporden. Tarifs : 10/13/15 euros.

03.06.2009

Longueur d'Ondes : les dix ans de la nouvelle formule (2)

LO.jpgSeconde partie de notre interview consacrée à l'aventure musicale du magazine Longueur d'Ondes, en compagnie de son rédacteur en chef, Serge Beyer.

Au commencement était le rock. Quel est l'interview ou le sujet que vous vous êtes toujours refusé à faire, celui que vous auriez aimé signer ?

Serge Beyer. Ce qui touche aux extrêmes. En politique comme en religion ou comme partout les extrémistes ne m'intéressent pas.

Comment voyez-vous Longueur d'Ondes dans dix ans ?

Mensuel, 100 pages, indispensable, avec un méga site Net. Et toujours libre, passionné et indépendant !

En avant-première, pouvez-vous nous donner un aperçu de ce numéro 50.

La rue Kétanou, Nosfell, Pierre Lapointe rencontrant Ariane Moffatt, Syrano, Gérald Genty, Sharko, Chloé Mons,  Gaspard la Nuit...

Stéphane Guihéneuf, juin 2009.

02.06.2009

Longueur d'Ondes : les dix ans de la nouvelle formule (1)

LO-logo.jpgLe magazine Longueur d'Ondes fête les dix ans de sa nouvelle formule. Au commencement était le rock a souhaité en savoir plus. Et qui mieux que Serge Beyer, rédacteur en chef du magazine pour répondre à nos questions ? Voici la première partie, la suite demain.

Au Commencement était le rock. Le prochain numéro de Longueur d'Ondes sort le 21 juin, jour de la fête de la musique, des musiques que suit depuis dix ans le magazine. Comment l'aventure a-t-elle commencée ?


Serge Beyer. En vérité, nous sommes bien plus vieux que ça ! La magazine est né fanzine il y a 27 ans ! Il a vu le jour parce que j'en avait marre de me jamais rien lire dans la presse musicale de l'époque  sur les artistes qui passaient sur ma platine (Sheller, Thiefaine, Sanson, Dufresne...).

Je suis donc allé les rencontrer. Et le premier numéro a vu le jour.

Peu a peu une équipe s'est montée. De la photocop on est passé au Stencyl, puis à l'impression. Le mag a grandi. Il a vécu 47 numéro, puis on a fait un breack de 2 ans pour mettre en place la nouvelle formule, gratuite et tirée à 100.000 exemplaires. Qui elle a 10 ans !

Cette renaissance a commencé par un tour de France pour installer notre propre réseau de distribution. Et aujourd'hui Longueur d'Ondes est un magazine bimestriel gratuit consacré aux musiques actuelles francophones.


En dix ans, qu'est-ce qui a évolué dans la manière d'aborder la musique, d'écrire sur la musique ?

La possibilité pour l'artiste de tout faire chez lui avec peu de moyens. Et la désormais facilité à la faire écouter au monde entier grâce au web.

Ce qui a peu changé par contre, c'est la mentalité de certaines maisons de disques fonctionnant encore sur des vieux clichés...

 

Les dates.
-1982 : naissance de Longueur d'Ondes.
-1999 : passage en distribution nationale à 100.000 exemplaires.
-2009 : Longueur d'Ondes nouvelle formule fête ses 10 ans.

Les sites : le site / le myspace / le facebook

 

Stéphane Guihéneuf, juin 2009.

28.05.2009

On embarque avec Monsieur Roux

Monsieur-Roux-bateau-Felix-Henry.jpgAu commencement était le rock. "Un été caniculaire" est musicalement plus fouillé, plus riche, plus électrique que "Ah si j’étais grand et beau...". Comment expliquez-vous cette évolution?

Monsieur Roux. J'avais fait tout seul les chansons du premier album. Les autres musiciens se sont greffés petit à petit. Il y avait donc moins de place pour eux pour s'exprimer.
Pour ce nouvel album, on a vraiment travaillé les chansons à quatre. Chacun apportant un peu de sa personnalité dans les chansons. Et puis, avec l'arrivée du batteur, on a pu aussi aller plus loin dans les ambiances musicales.
En fait, on a surtout voulu se faire plaisir. Et faire sonner les morceaux comme on l'entendait sans se donner aucune limite.


Dans leur construction, les mots ou la mélodie des titres comme "Marie-Chantal", "Dans la lune" ou "Monsieur Berger", évoquent Thomas Fersen. Est-ce un artiste qui vous inspire ou s'agit-il d'une troublante coïncidence?

J'ai écouté Thomas Fersen mais j'ai un peu décroché depuis quelques temps.
En ce qui concerne des titres comme ceux que vous citez, c'est peut-être parce qu'il s'agit de chansons qui parlent de personnages un peu décalés et absurdes. Mais pour tout vous dire, Marie Chantal est plus inspiré d'une phrase d'une chanson de Nicolas Jules (ou il dit notamment "je t'aime je t'ai mangé tout cru..) et d'ailleurs "Mr Berger" est une chanson que j'ai écrit avec Nicolas Jules.
Je dirais donc plutôt que le chanteur Nicolas Jules est une référence incontestable en chanson française pour Thomas Fersen comme pour moi.


Vos textes sont plus politisés et d'ailleurs comme premier extrait vous avez choisi "Le vote utile". Vous définissez-vous comme un artiste engagé?

Pour le choix des singeuls, je laisse la maison de disque le faire.
Mon cerveau n'étant pas capable de déterminer ce qui plaira aux publicitaires...euh non pardon... aux programmateurs des grandes radios commerciales. Et si ils ont choisi "le vote utile" c'est qu'elle n'est pas si politisé que ça.
En ce qui concerne l'engagement d'un artiste... Je vous dirais bien de demander à Cali ce qu'il pense. Il a l'air d'être au courant.
Moi, en tant qu'être humain, mon combat quotidien est d'essayer de vivre et d'agir en accord avec les idées que je défends.


Stéphane Guihéneuf, mai 2009. Photo Félix Henry.

26.03.2009

Herman Dune : "C'est comme une enquête de Columbo"

00560038.JPGLa tournée de Herman Dune passe par le Finistère pour deux soirées à Brest et Rosporden. David-Ivar, l'un des membres du duo folk-pop s'est prêté au jeu des questions réponses.

Pour tous ceux qui ne connaissent pas Herman Dune, pouvez-vous vous présenter?
Herman Dune, c’est comme une autre personne avec qui Neman et moi vivons. C’est Herman Dune qui s’exprime avec mes chansons, en jouant avec Neman. J’aime écrire pour Herman Dune, je me sens bien avec ça, c’est comme une enquête du lieutenant Columbo, je sais comment ça se déroule, mais ça me surprend toujours, et plus je le connais, plus je les aime ces aventures.

On caractérise votre style comme étant à la fois folk et pop? Est-ce juste?
Je pense que la chanson Pop puise dans les musiques Folk pour aller dans une autre direction; l’artiste pop est un individu, l’interprète Folk transmet des traditions. J’aime les deux : les traditions en musique mais je me mets aussi au centre de mon écriture, comme interprète, comme créateur de forme et de fond aussi. Je pense que la musique Folk (et c’est une de ses grandes beautés, je trouve) existe par elle-même, transmise par des interprètes qui mettent leur talent et leur art a son service. Dans la Pop, j’aime trouver mes talents et mon art dans la création, dans l’invention, au risque de prendre des chemins inconnus, des détours.

Quelles sont vos influences musicales?
Comme influences, je citerai: Chuck Berry, Bo Diddley, Ray Charles, The Everly Brothers, Bob Dylan, The Beatles, The Rolling Stones et Leonard Cohen.

Alors que "Giant" avait été unanimement salué par la critique "Next Year In Zion", votre dernier album, divise. Est-ce selon vous lié au départ d’André?
J’aime quand mes albums sont salués, évidemment, mais ce ne serait pas sérieux si j’attendais l’évaluation d’un article pour me dire si je suis satisfait de notre travail. Il y a sûrement mille raisons de bouder cet album, et certainement mille raisons de l’aimer, c’est une question de choix, après, au moment d’écrire. J’espère que ceux que cet album ne passionne pas aimeront le prochain, c’est tout…
Le départ d’André? C’est-à-dire, ça faisait longtemps qu’on en avait besoin je pense, et lorsqu’enfin on se l’est avoué il y a trois ans, j’ai eu l’impression de respirer. Il y avait trop de distance entre ce qu’il voulait et ce que je voulais, ça me déprimait… Donc, je pense que c’est certainement quelque chose qu’on peut sentir sur scène, je suis plus à l’aise.

Finalement Herman Dune à deux, sans André, est-ce toujours Herman Dune?
Et The Velvet Underground sans John Cale, c’est toujours The Velvet Underground? The Rolling Stones sans Brian Jones, c’est toujours The Rolling Stones?, The Folk Implosion sans John Davis, c’est toujours The Folk Implosion? Ce genre de questions se trouve partout dans l’histoire du Rock, c’est dommage.

Comment vous voyez votre futur musical?
Ce n’est pas à moi de le voir, Il sera ce qu’il sera, j’espère juste continuer ce projet tant que j’en ai l’envie…

La première partie est assurée par Dick Turner, pourquoi ce choix?

Dick Turner est un poète que j’admire beaucoup, je l’ai rencontré alors qu’il venait tout juste de commencer à chanter ses poèmes en musique. Il est excellent, c’est surtout ça, et l’emmener avec nous, pour nous, c’est pour que d’autres gens l’entendent.

Propos recueillis par Stéphane Guihéneuf.
Interview publiée dans Le Télégramme du 24 mars 2009.