20.08.2011

Esquisse "Que ce soit festif et dansable"

esquisse.jpgLe quatuor nantais Esquisse (Photo Guillaume Bassompierre) est, ce soir, à l'affiche du traditionnel fest-noz de Kervazegan, à Pont-l'Abbé. Avec les Du.

Esquisse est une jeune formation nantaise de fest-noz. Comment s'est-elle mise en place ?

On jouait avec mon frère, François à l'accordéon et moi à la clarinette, dans un duo à Nantes. Nous étions jeunes, nous avions une dizaine d'années. On a fait la rencontre d'un troisième musicien, Vincent Marin, à la bombarde. C'est de là qu'est né le groupe Esquisse. D'abord un trio. En 2006 est arrivé Pierre Le Normand, un batteur, puis Vincent a quitté le groupe et a été remplacé par Gueltas Hervé au saxophone.

Le fest-noz, c'est chez vous une évidence ?
Oui, à part le batteur, on a tous des parents danseurs. Le fest-noz c'est naturel. On a tout de suite commencé à jouer. Notre répertoire c'est 70% de compositions et 30% de trad'. 

Quelles sont vos influences ? 
Elles sont variées... tout ce qui s'est fait en Bretagne, dans tous les genres, du jazz au rock. En musique de fest-noz, on a surtout été influencé par Gwenfoll, Carré Manchot, mais aussi Hamon Martin Quartet et les Sonerien Du.

Les Du, justement, cela représente quoi ?
On allait les voir lorsque nous étions tout petits avec nos parents autour de Nantes. On avait des vinyles.

Alors jouer samedi soir en première partie, cela fait quoi ?
En fait, on a déjà joué plusieurs fois avant les Du, la dernière fois c'était à Cléguérec (56).

Comment qualifieriez-vous votre musique ?
Elle est instrumentale, il n'y a pas de bombarde ni de biniou, par contre il y a des apports de sons bidouillés électro. Il n'y a pas de chanteur, parce qu'on n'en a pas trouvé. En fait, on a trouvé un équilibre sans chanteur mais pour des créations pourquoi pas, on l'a déjà fait avec Julien Barbances.

Le fest-noz, aujourd'hui ?
On a envie de continuer ce qui existait. On n'essaie pas de faire un truc jeune et original, on n'essaie pas d'innover. Juste de faire que ce soit festif et dansable.

Propos recueillis par Stéphane Guihéneuf, août 2011.
Interview publiée dans Le Télégramme du 20 août 2011.

Pratique
Fest-noz organisé par l'Association An Heol Nevez, ce soir à 21h à Kervazegan, route de Loctudy à Pont-l'Abbé. Avec les sonneurs Pavy et Péron, Esquisse et Sonerien Du. Tarifs: 7 €, gratuit jusqu'à 12 ans.

16:00 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : esquisse, pont-l'abbé, télégramme, sonerien du, fest-noz, nantes | | |

25.07.2011

Suzanne Vega : une Américaine au Cornouaille

vega.jpgPour sa "première" en Bretagne, à Quimper, Suzanne Vega (photo Christian Rose) a joué dimanche soir en clôture du Cornouaille. Un festival dont elle a apprécié les costumes et l'atmosphère particulière comme elle l'explique dans l'interview accordée à David Cormier (Le Télégramme). Une interview qui est à voir ci-dessous.

 

C'est accompagnée de l'excellent Gerry Leonard (guitariste de David Bowie) que Suzanne Vega a revisité en une grosse vingtaine de titres son large répertoire. Un show acoustique brillant, puissant, envoûtant même durant lequel elle a chanté son amour pour New York ("New York is a woman") et ces héros qui tombent, invité le public à la retrouver sur son Facebook sur lequel elle a d'ailleurs écrit : "The last show!! Here in Quimper France. Amazing crowd!! Made us work hard. Brought Cracking out of mothballs. Love this part of the world."

Elle a chanté seule aussi : trois morceaux dont l'excellent "Solitude Standing" lors d'un premier rappel. Après "Luka" acclamé par le public dès les premiers accords et avant ce premier rappel durant lequel elle va également offrir une bien belle version de "Calypso", c'est avec "Tom's Diner" (de toute beauté) que la belle américaine a fait mouche.

Un "Tom's Diner" dont un extrait est à retrouver ici (Images de David Cormier, Le Télégramme).

 

Malheureusement, il aura fallu attendre ce "Tom's Diner" - tube planétaire - pour que le public (plutôt que les festivaliers du Cornouaille) ne se lâche véritablement. Pourtant ce n'est pas l'envie qui manquait mais assis, ce n'est pas pareil. Drôle d'idée que d'avoir placé le public sur des chaises. Oui, drôle d'idée... Sauf à vouloir casser l'ambiance...

Stéphane Guihéneuf, juillet 2011. Photo Christian Rose.

09.07.2011

La Cherga "Revolve" (Asphalt Tango / L’Autre Distribution)

revolve.jpgQuand La Cherga a débarqué en 2008, le parallèle avec Gotan Project a sauté aux yeux, pardon, aux oreilles. Principale différence, mais de taille: à la place du tango, ce sont les musiques d'Europe de l'Est, et principalement le jazz traditionnel, qui passaient au révélateur électro. La ressemblance reste d'actualité sur "Revolve", d'autant plus que le groupe a décidé de s'ouvrir davantage au monde, et donc au tango, mais aussi au dub, à la soul, au funk et à la pop.

Une belle idée ("Make a change", "Vi", "Resolve & evolve", "Afgan"...) parfois entachée par des riffs de guitare un peu trop "heavy-metal" ("One" et son flow à la Senser). Cette fois menée par l’éclectique chanteuse bosniaque Adisa Zvekic, qui a pris le relais de la Kosovar Irina Karamarkovic, La Cherga poursuit donc l’évolution de son patchwork musical. Mais c'est avant tout en revenant à la source qu’elle reste finalement la plus originale.

Pascal Cabioch, juillet 2011.
Chronique publiée dans Le Télégramme le 30 juin 2011.

09:05 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la cherga, revolve, dub, Électroacoustique, cabioch, télégramme, pop | | |

05.07.2011

Oz Almog & Shantel "Kasher Nostra" (Essay Recording)

Shantel-Oz-Almog-Kosher-Nostra.jpgUne compilation des chansons les plus écoutées par la mafia juive américaine des années 1920-1960 (la Kasher Nostra). Excepté pour les fans absolus de James Ellroy ou de Martin Scorsese, l’idée peut paraître incongrue. Elle vient de Shantel, DJ-chanteur allemand, et d’Oz Almog, peintre-écrivain israélo-autrichien et historien de la culture juive.

Si l’idée est étrange, le résultat est aussi intéressant que le livret (en anglais et allemand) qui l’accompagne. "Jewish Gangsters Greatest Hits" révèle ainsi l’une des origines du jazz, née de la rencontre de musiciens des États-Unis et d’Europe de l’Est. Stars yiddishs (Sophie Tucker, Aaron Lebedeff...) et crooners US (Tom Jones, Chubby Baker et son "Misirlou" rendu célèbre dans "Pulp Fiction" par Dick Dale...) se côtoient ainsi entre les cuivres et les clarinettes.

Ça swingue, ça claque et ça transpire au fil de cette heure en immersion dans l’ambiance sulfureuse de night-cotton-clubs aux mélodies endiablées. La grande classe.

Pascal Cabioch, juillet 2011.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 16 juin 2011.

08:30 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oz almog, shantel, kasher nostra, cabioch, télégramme | | |

01.07.2011

Multi-interprètes "Fever, a Rhythm & Blues trilogy" (Le Son du Maquis / Harmonia Mundi)

Various-Fever.jpgAprès des compilations sur l’Afrique, mai 1968 ou le Mur de Berlin, le label Le Son du Maquis (distribué par Harmonia Mundi) s’attaque au rhythm & blues. Pas le R’n’B d’aujourd’hui trop souvent susurré sur des nappes synthétiques par de jeunes filles engagées avant tout pour leur physique.

Non, "Fever" revient sur ce style qui enflamma les USA entre 1945 et 1960, quand les artistes électrifièrent leurs instruments, quand les radios connurent leur envol, après celui du jazz et du blues et avant celui du rock’n roll. On retrouve déjà son esprit et son "son" au fil de ce coffret peuplé de stars d’un jour ou de futures légendes et bâti en trois parties (17 chansons chacune).

La première est consacrée aux "Classics" en version originale-originelle (Ray Charles, Little Richard, The Domino‘s…); la deuxième, "Dance Craze", est un condensé de rythmes endiablés et la troisième, "Rarities", une sélection d’inédits qui, comme l’ensemble de cette compilation bien léchée, ravira autant les spécialistes que les profanes.

Pascal Cabioch, juillet 2011.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 23 juin 2011.