23.11.2009

Jacques Dutronc : ses années Vogue

dutronc-integrale.jpgDe juin 1966 à mars 1970, Jacques Dutronc a publié 13 EP chez Vogue. De "Et moi, et moi, et moi" à "À La Vie, À L’Amour", ces années Vogue sont à redécouvrir dans un superbe coffret.

"Et moi, et moi, et moi", "Les playboys", "Les cactus", "J’aime les filles", "Il est cinq heures, Paris s’éveille", "L’Opportuniste" ou encore "L’hôtesse de l’air" : autant de morceaux qui ont écrit l’histoire de Jacques Dutronc. Après l’intégrale remastérisée des Beatles, l’intégrale des 13 EP des années Vogue enregistrés par Jacques Dutronc vaut elle aussi le détour.

Chapeau mexicain et guitare fracassée

L’objet est forcément collector. Il propose les pochettes cartonnées à l’identique des pochettes publiées entre juin 1966 - premier EP avec "Et moi, Et moi, Et moi" -, et mars 1970 - dernier EP avec "À La Vie, à L’Amour". Jacques Dutronc nous apparaît en jeune premier, chapeau mexicain ou casquette à carreaux, cigarette aux lèvres ou guitare fracassée autour du cou… Plus rock’n’roll (la basse sur "La Fille Du Père Noël") que yé-yé, style alors en vogue.

presse-dutronc-1abis.jpgDu Vietnam à Soljenitsyne

Au dos des pochettes, on retrouve les vignettes bleues à découper du grand jeu des porte-clefs. Les disques, de couleur noire, rappellent les vinyles. Pas un détail ne manque. L’ensemble s’accompagne d’un livret de 32 pages qui reprend les pochettes mais propose aussi des petits textes qui racontent la société d’alors : la guerre du Vietnam lorsque sortent en octobre 1966 "Les playboys" ou les exclusions, en novembre 1969, d’Alexandre Soljenitsyne et d’Indira Gandhi alors que sort en face B2, "L’Amour est le moteur du monde". Le tout est enveloppé dans un coffret illustré par Jean-Marie Périer, le photographe des Copains.

L’air du temps

De "Et moi et moi et moi", son premier grand succès à "La Seine" les succès défilent, les craquements du vinyle en moins, Mais ces EP sont l’occasion de se replonger dans des titres un peu moins connus, voire oubliés ("Comme elles dorment", "La Leçon De Gymnastique Du Professeur Dutronc"). Parfois légers ("Le roi de la fête"), souvent sensibles ("Proverbes"), les morceaux écrits avec Jacques Lanzmann ont su saisir l’air du temps : l’irrévérencieux "La publicité", l’antimilitariste "Les rois de réforme". On entend les influences jazz ("Les Vangauguins"), manouches ("À tout berzingue") - dont s’est aussi nourri sont fils Thomas -, et son sens de la mélodie ("À La Vie, À L’Amour"). Alors que Dutronc s’apprête à remonter sur scène une dernière fois, ses années Vogue nous racontent ses plus belles années.

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009. Photo Backline.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 12 novembre 2009.

22.11.2009

Chapi Chapo : "Early bird" est "à découvrir absolument"

chapi.jpgComposer une musique à partir de jouets, sifflet à turbine ou moulin à musique, c'est l'art dans lequel est passé maître le Breton Chapi Chapo. Pour preuve, "Early bird" a été retenu sur la compilation A Découvrir Absolument dont le volume 17 est librement téléchargeable. Ce morceau est extrait de "Chuchumuchu", album en lice pour le Grand Prix du Disque du Télégramme 2009 et dont la chronique, signée Catherine Richard est à retrouver ici. D'autre part, Chapi Chapo (et ses petites musiques de pluies) sera en concert à Brest le 12 décembre : au Cube à Ressort et à La Carène dans le cadre du festival "Plein les mirettes". Un concert d'ores et déjà complet.

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009.

 

20.11.2009

The Dodoz (Murrayfield / Discograph)

TheDodoz.jpgIls sont Toulousains mais chantent en anglais. La langue du rock. Ils, ce sont les Dodoz, un quatuor énergique qui dépoussière joyeusement le genre ("Middle of the Night"). Remarqué par Peter Murray, producteur écossais au nez creux à qui l’on doit notamment The Pogues, les Négresses Vertes ou les Nantais d’Elmer Food Beat, The Dodoz a multiplié les premières parties (Stereophonics ou the Babyshambles) et les festivals à l’heure où leurs camarades usent leur fond de culotte sur les bancs du lycée.

Ils en ont retiré une impressionnante maturité qui s’entend dans ce premier album diablement efficace porté par la voix haut perchée de Géraldine ("Queen in a Tower"), des riffs et une batterie rageurs. De "Middle of the Night" à "Do you like boys ?" en passant par "Werewolf in love" ou "Weapon", Géraldine, Jules, Vincent et Adrien enchaînent les tubes. Un album dont chaque écoute est encore meilleure que la précédente. Sûr, The Dodoz, c’est la belle surprise de cette fin de décennie.

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009.
Version longue de la chronique publiée dans Le Télégramme du 12 novembre.

16.11.2009

Ibrahim Maalouf "Diachronism" (Discograph)

Diachronism.jpgAprès l'intimiste et sublime "Diasporas", Ibrahim Maalouf a vu les choses en grand pour son deuxième album. Dans la forme (double CD) comme dans le fond, choeurs majestueux et multiples instruments (oud, guitare, piano...) venant accompagner sa trompette à quarts de ton sonnant.

Une trompette qui permet au Franco-Libanais de jouer le répertoire oriental et qui, telle la frappe enroulée pour Thierry Henry, est sa marque de fabrique. Formé en deux parties - "Disoriental" aux mélopées mystiques et "Paroxidental" au son plus "urbain", scratch et rap à l'appui -, "Diachronism" est un album foisonnant, à la fois puissant et délicat, qui marque l'inventivité et la soif d'ouverture d'un artiste à l'avenir radieux.

Pascal Cabioch, novembre 2009.
Chronique publiée le 29 octobre 2009 dans Le Télégramme.

11.11.2009

Stéphane Mondino "Les vents tourneront" (Mozaïc Music)

mondino.jpgLe cheval en couverture rappelle "Roll Over", son précédent opus. Mais, après deux disques produits sur le label de Francis Cabrel, le protégé d’Astaffort a pris son envol. Et nous livre un nouvel album où le meilleur ("Mon garçon, mon amour", "Little boy", "Vestiaires") côtoie des morceaux aux atmosphères parfois trop semblables.

Dédicacé à Daniel Balavoine - que Stéphane Mondino a d’ailleurs rencontré -, "Les vents tourneront oscille entre chanson ("Les regrets atomiques" en duo avec Marie Cherrier) et pop-rock ("Vestiaires" avec son riff, "Mon garçon, mon amour" à la mélodie entêtante et au solo de guitare qui donne de la profondeur au morceau). Dans cet album bien léché, Stéphane Mondino à l’art de raconter des histoires même si elles sont un peu trop lisses.

Stéphane Guihéneuf, novembre 2009.
Version longue de la chronique publiée dans Le Télégramme le 5 novembre 2009.

06.11.2009

Émilie Simon "The big machine" (Barclay)

simon.jpgAu rythme d’un album studio tous les trois ans (complété par une BO de film et un live), Émilie Simon poursuit sa route avec une régularité de métronome. En s’installant à New York, la chercheuse sonore fait table rase de ses habitudes en explorant de nouvelles contrées musicales.

Électro-pop luxuriante, attaques flamboyantes, arrangements somptueux : Émilie Simon a sorti la "Big Machine". Comme libérée, elle laisse enfin sa voix se déployer pleinement. La femme enfant a laissé place à la femme fatale. La ressemblance vocale avec Kate Bush est, par instants, troublante. Plus chaleureux et moins cérébral que ses devanciers, cet album aux inspirations 70-80’s, coloré de notes asiatiques, devrait permettre à Émilie Simon d’élargir son audience.

Samuel Uguen, novembre 2009.
Chronique publiée dans Le Télégramme du 22 octobre.

29.10.2009

Oai Star "Manifesta" (Wagram)

oaistar.jpgLux B est mort mais Oai Star bouge encore, c’est peu de le dire ! Alors que le cofondateur du groupe s’est éteint l’an dernier, Gari, son acolyte de joutes verbales délirantes, a décidé de reprendre le flambeau avec une nouvelle formule incluant le dj suédois Dubmood, spécialiste de "chip music" (basée sur des sons de petites consoles type Atari, Gameboy).

Résultat : un rock un peu moins "bourrin", plus d’électro et de titres très dansants mais toujours la même constance à vouloir mettre le feu, le "oai" pour les Marseillais, le "fire" pour les autres. De "Je veux faire brûler la mer" à "Canader Love" ou "Chérie" (avec Luciano.fr dans le clip), ça envoie dans tous les sens pour un délire olympique… de Marseille.

Pascal Cabioch, octobre 2009
Chronique publiée dans Le Télégramme du 15 octobre.

26.10.2009

Grand Prix du Disque du Télégramme : les 30 albums en lice

Alors que le Grand Prix du Disque du Télégramme rendra son verdict en février prochain, voici les 30 albums pré-sélectionnés.

Adèle "Garden Partie" / Agonie "De l’autre côté du miroir" / Ampouailh "Fest-noz ar Gêr Wenn" / Ars’ys "Arcobaleno" / Awen Magic Land "Openland"
The Craftmen Club "Thirty six minutes"
Da Silva "La tendresse des fous" / Renaud Detressan "Airs de famille"
Brigitte Fontaine "Prohibition"
Les Goristes "À fond la caisse" / Gwennyn "Mammenn"
Gwenaël Kerléo "Pevar"
Pascal Lamour "Avais-je rêvé ?" / Eric Le Lann (album éponyme) / Renan Luce "Le clan des miros"
Miossec "Finistériens" / M. Roux "Un été caniculaire" / Les frères Morvan "Un demi-siècle de kan ha diskan"
Pierrick Pédron "Omry"
Pennou Skoulm "Trinkan"
Raggalendo "Le fricot" / Les Ramoneurs de Menhirs (à paraître) / Red Cardell "La fête au village" (album en public)
Soïg Sibéril "Botcanou" / Alan Simon "Anne de Bretagne" / Soldat Louis "Live des 20ans" / Didier Squiban "L’Estran" / Alan Stivell "Emerald"
Too Soft "Breakfast songs" / Trielen & Jutta Carstensen "Oj wi fajn..."

Denez Prigent "Son alma ata"

En 2003, Denez Prigent ouvre le bal des récipiendaires du Grand Prix du Disque du Télégramme. Un prix qu'il décroche pour l'excellent "Sarac'h". Cet album qui se termine dans la douleur avec "Ar vamm lazherez" sait également se faire joyeux avec "Son alma ata". Un morceau dont le clip est à voir ci-dessous.

Grand prix du disque du Télégramme 2009 : 30 albums en lice

LogoGrandprixdudisqueTélégramme.jpgQui pour succéder à l’Ensemble Matheus au palmarès du Grand Prix du Disque du Télégramme ? Réponse en février 2010, lors de la remise du prix par Jean-Christophe Spinosi, chef d’orchestre de l’Ensemble Matheus. L'année dernière, ils étaient 86 à concourir. Un record. Cette année, ils ne seront que 30. Un premier changement auquel s'en ajoute un second : les internautes seront eux aussi invités à désigner leur album préféré.

L'objectif, lui, n'a pas changé et consiste à récompenser le meilleur album de l’année possédant un lien avec la Bretagne. Lancée il y a quelques jours, la septième édition du Grand Prix du Disque du Télégramme rendra son verdict en février prochain. D'ici là, il est d'ores et déjà possible aux lecteurs du quotidien de devenir membre du jury. Il suffit pour cela d'adresser une lettre de motivation.

Les lauréats du Grand Prix depuis 2003
Denez Prigent, "Sarac’h" en 2003 ; Miossec, "1964" en 2004 ; Yann Tiersen, "Les retrouvailles" en 2005 ; Red Cardell, "Naître" en 2006 ; Les frères Guichen, "Dreams of Brittany" en 2007 et L'Ensemble Matheus, "Nisi Dominus Vivaldi Stabat Mater" en 2008.

Stéphane Guihéneuf, octobre 2009.

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